Peter Pan


Transcription empruntée à Maxlefou

Mme DARLING : Chéri, réveille-toi, écoute ! Nana aboie !
Mr DARLING : En pleine nuit… Ça ne se fait pas ! Cette chienne est d’une grossièreté ! D’ailleurs, où est-elle ?
Mme DARLING : Dans la chambre des enfants, comme d’habitude.
Mr DARLING : Comme d’habitude, évidemment. J’ai toujours trouvé absurde cette idée de faire d’un terre-neuve la nurse de nos babies.
Mme DARLING : Chéri, ne dis pas de mal de Nana, c’est une perle ! Et reconnais qu’il est bien agréable d’avoir chez soi une bonne chienne qui lave les enfants, les habille et les emmène en promenade ! Ajoute à cela qu’elle s’exprime dans un anglais très châtié !
Mr DARLING : Manquerait plus qu’elle parle argot !
Les aboiements continuent…
Mme DARLING : Mais qu’est-ce qu’elle a ?! Je vais voir…
Les aboiements sont moins lointains.
WENDY : Maman ! Maman !
Mme DARLING : Me voici. Mais enfin, Wendy, que se passe-t-il ?
WENDY : Oh maman, c’est extraordinaire !
NANA : Oh certes, Madame Darling ! Il est survenu ici même, chez vous, en votre demeure une peu banale aventure.
Mme DARLING : Nana, que tiens-tu dans ta gueule ?
NANA : Oh, j’aurais préféré que ce fut un os, madame. Mais ce n’est qu’une ombre.
Mme DARLING : Une ombre ? Donne-moi ça… Mais oui, c’est l’ombre d’un enfant ! Où l’as-tu trouvé ?!
NANA : Je m’en vais vous narrer toute l’histoire par le menu, Madame. Un jeune garçon volant s’étant introduit dans la chambre des petits, je me fis un devoir de le chasser. Et dans sa fuite il perdit son ombre que je pris soin de ramasser.
Mme DARLING : Un garçon volant ?! Tu perds la tête, Nana !
WENDY : Non, maman, c’est vrai ! Peter Pan est venu ici !
Mme DARLING : Peter Pan ?! Mais, Wendy, c’est un personnage imaginaire !
NANA : Du tout, Madame. Il est venu. Je l’ai vu… Je l’ai vaincu.
Mme DARLING : Nana, tu es une chienne stupide. Tu seras privée de susucre pendant huit jours !
NANA : Ohhhh ! Puisqu’ainsi l’on me traite, je vais hurler à la mort !
Mme DARLING : Rébellion de chien ?... Très bien ! J’appelle ton maître ! John ! John !
Mr DARLING : Mais vous délirez, enfin ! Tout le monde crie dans cette maison ! Il est minuit !
WENDY : Papa ! Peter Pan est venu !
Mr DARLING : Oh Wendy, je t’en prie, ne dis pas d’âneries pareilles !
NANA : Moi aussi je fais le serment solennel que je l’ai vu.
Mr DARLING : Allons bon, voilà la chienne qui devient folle ! A la niche ! Dans la cour ! Allez, Nana, file !
NANA : On m’y reprendra à faire du zèle !
Mme DARLING : Et toi, Wendy, dors. Il est heureux que tout ce tapage n’ait pas réveillé tes petits frères.
WENDY : Je l’ai vu, maman, je l’ai vu !
Mme DARLING : Nous en reparlerons demain. Bonne nuit, ma chérie.
WENDY : Bonne nuit, maman… Peter… J’ai sommeil…
CLOCHETTE : La fée Clochette appelle Peter Pan ! Peter Pan m’entendez-vous ? Je répète : la fée Clochette appelle-
PETER PAN : Pas si fort, Clochette !
CLOCHETTE : Il n’y a pas de danger : la chienne est dans la cour et les parents dans leur chambre.
PETER PAN : Sais-tu ce qu’ils ont fait de mon ombre ?
CLOCHETTE : Ouais. La mère Darling l’a rangée dans un tiroir de la commode.
PETER PAN : Oh, malheur ! Il fait si noir dans cette chambre… Je ne pourrai jamais la retrouver !
CLOCHETTE : Âne bâté ! Oublierais-tu que je suis lumineuse ? Je consens à te servir de lampe !
PETER PAN : Oh, mais tu es si minuscule !
CLOCHETTE : Dis, ça ne te ferait rien de cesser de me rappeler constamment que je ne mesure que huit centimètres ? Moi ça me complexe !
PETER PAN : Mais ne te fâche pas ! Tu es la plus petite mais la plus jolie des fées !
CLOCHETTE : Tu as raison mon garçon je suis d’une beauté incomparable.
PETER PAN : C’est ça. Maintenant, pure merveille, viens m’aider à retrouver mon ombre.
CLOCHETTE : Oui… Mais alors promets-moi que tu ne reverras jamais cette petite fille !
PETER PAN : Wendy ? Oh, ben si, je la reverrai, je l’aime beaucoup !
CLOCHETTE : Traître ! Muffle ! Goujat ! Tu n’as pas le droit d’aimer quelqu’un d’autre que moi !
PETER PAN : Oh, tu m’agaces, Clochette ! On n’est pas mariés !
CLOCHETTE : Mais… Qu’est-ce qu’elle a de plus que moi ?
PETER PAN : Environ un mètre.
CLOCHETTE : Ohh… Ces allusions perfides à ma taille… Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
PETER PAN : Oh ben va-t-en, je te retiens pas !
CLOCHETTE : Ah ? Tu ne me retiens pas ? Eh bien je reste.
PETER PAN : Entrons dans la chambre… Voyons, mais où se trouve la commode ?
CLOCHETTE : Ici. Attends, je me glisse dans le tiroir… Voilà.
PETER PAN : Où es-tu ?
CLOCHETTE : Entre une chemise et une paire de chaussettes !… Tiens, aide-moi à sortir ton ombre ! Attrape-la ! Et maintenant…tire !
PETER PAN : (en tirant) Je tire… Hourra ! J’ai mon ombre ! Fermons le tiroir ! (il ferme le tiroir)
CLOCHETTE : Au secours ! Je suis prisonnière ! Au secours !
PETER PAN : Oh, la petite Wendy s’éveille.

Peter commence à pleurer.

WENDY : Pourquoi pleures-tu, Peter ?
PETER PAN : Mon ombre ne veut plus s’attacher à moi. Oh, quel malheur…
WENDY : Je vais la coudre à ton pied. Ainsi, elle ne s’en ira pas.
PETER PAN : Oh quelle bonne idée je viens d’avoir !
WENDY : Quelle bonne idée ?
PETER PAN : De te faire recoudre mon ombre !
WENDY : C’est moi qui y ait pensé !
PETER PAN : Mais non, petite ! Une idée intelligente ne peut venir que de Peter Pan !
WENDY : Comme tu es vaniteux !
PETER PAN : J’ai quelques raisons de l’être.
WENDY : Pourquoi ?
PETER PAN : Je suis le premier petit garçon qui se soit échappé de son berceau !
WENDY : Mais comment as-tu fait ?
PETER PAN : C’est très simple : à l’âge de sept jours, pendant que ma maman dormait, j’ai compté jusqu’à trois et je me suis envolé !
WENDY : Et où es-tu allé ?
PETER PAN : À l’Île Mystérieuse !
WENDY : Oh, je voudrais tellement y aller… Comment faire ?
PETER PAN : Envole-toi avec moi !
WENDY : Mais je ne peux pas !
PETER PAN : Mais si ! Il suffit de jeter sur toi un peu de poussière de fée.
WENDY : De la poussière de fée ?
PETER PAN : Oui ! Attends, je vais secouer Clochette.
WENDY : Clochette ? Qui est-ce ?
PETER PAN : Ma meilleure amie. C’est une fée qui mesure huit centimètres et qui est lumineuse.
WENDY : Ohh ! Où est-elle ?
PETER PAN : Je l’appelle. Clochette ! Clochette !
CLOCHETTE : Ouvre-moi, imbécile ! Ouvre-moi ! Au secours ! A l’aide ! S.O.S. !
PETER PAN : Oh, je l’ai enfermé dans le tiroir de la commode !
WENDY : Pauvre chère fée ! Ouvre-lui vite !… Oh, qu’elle est jolie !
CLOCHETTE : Triple buse ! Dindon ! Nouille !
PETER PAN : Oh, excuse-moi, Clochette, je l’ai pas fait exprès !
CLOCHETTE : Tu mens ! Tu m’as emprisonnée pour rester seule avec cette affreuse fille !
WENDY : C’est moi, l’affreuse fille ?!
CLOCHETTE : Oui c’est vous ! Laideron ! Grenouille ! Guenon !
PETER PAN : Clochette, tais-toi et écoute-moi !
CLOCHETTE : Je n’écoute rien ! Parle !
PETER PAN : Tu vas donner un peu de poussière à Wendy !
CLOCHETTE : Non ! Niet ! Nein ! No !
PETER PAN : Tu refuses ? Très bien… Je m’adresserai à une autre fée !
CLOCHETTE : Oh non, par exemple ! Vous voulez de la poussière ? Servez-vous.
WENDY : Oh, Peter, comme je suis contente ! Permets-moi de t’embrasser !
PETER PAN : Qu’est-ce que c’est, embrasser ?
WENDY : Ça ! (elle l'embrasse)
PETER PAN : Oh… C’est bien… Je vais t’embrasser, moi aussi !
CLOCHETTE : Voyou ! Vaurien ! Dépravé !
PETER PAN : Tais-toi, Clochette ! Maintenant, Wendy, tu peux voler… Allons, essaie… Un, deux, trois !
WENDY : Oh, c’est extraordinaire ! Me voilà accrochée au lustre du plafond ! C’est merveilleux de voler !
PETER PAN : En route !... Ou plutôt, non, en vol !
WENDY : Peter, est-ce que tu accepterais que mes frères viennent avec nous ?
PETER PAN : Mais bien sûr ! Réveille-les !
WENDY : Jean ! Michel ! Debout ! Peter Pan est là et nous allons nous envoler avec lui !
JEAN : 12h20… Alors on n’ira pas à l’école ?
MICHEL : Oh ben moi du coup j’ai plus sommeil !
JEAN : Salut m’sieur Peter !
PETER PAN : Salut m’sieur Jean !
MICHEL : Bonjour, Pete !
PETER PAN : Bonjour Mick !
CLOCHETTE : Et à moi, on me dit rien ?
JEAN : Qu’est-ce que c’est que ce ver luisant ?
CLOCHETTE : Ver luisant ?!! J’étouffe de rage !!
MICHEL : Mais c’est pas un ver luisant ! C’est une fée modèle réduit !
CLOCHETTE : Modèle réduit ?!! Je meurs…
MICHEL : Oh non, ne mourrez pas, madame la mini-fée !
CLOCHETTE : Mini-fée !!… Tiens, c’est gentil, ça… Je déclare que j’aime ce petit garçon et je lui donne de la poussière. Tiens, bébé !
MICHEL : Oh, je vole !
JEAN : Eh ouais !
CLOCHETTE : Vous, goujat, rien !… Ou alors dites-moi quelque chose de gentil.
JEAN : Euh t’es super extra fantastique inouïe…
CLOCHETTE : N’en jetez plus ! Voici de la poussière !
JEAN : Ça y est, je décolle !
MICHEL : Au fait, où on va ?
WENDY : À l’Île Mystérieuse !
JEAN : C’est là où c’qu’y a les pirates ?
PETER PAN : Oui ! Un, deux, trois ! Volez !
MICHEL : Oh, regardez ! On est au dessus du toit !
WENDY : J’aperçois Nana attachée à sa niche !
NANA : Que vois-je ! Mes petits qui volent ! Oh, désespoir ! Oh, nuit d’horreur, d'épouvante ! Aboie, Nana. Aboie très fort ! Peut-il t’en coûter une privation éternelle de susucre !

Nana se met à aboyer vainement.

WENDY : Peter, quel est le chemin qui mène à l’Île Mystérieuse ?
PETER PAN : La première étoile à droite, jusqu’à l’intersection à gauche de la grande horloge perpendiculaire, à la gauche de la droite, devant toi jusqu’au matin.
WENDY : Je n’ai rien compris !
PETER PAN : C’est normal, enfant ! C’est du n’importe quoi !
WENDY : Tu te moques de moi ?
PETER PAN : Bien sûr !
WENDY : Tu es un méchant garçon ! Et puisque c’est comme ça, je retourne chez ma mère !
CLOCHETTE : A votre place, miss, je ne ferais pas de caprices ! Tenez, regardez, vos frères ont rejoint Peter. Et nous sommes seules toutes deux, chère amie !
WENDY : Vous n’allez pas me faire de mal, chère fée ?
CLOCHETTE : Non, rassurez-vous ! Pas tout de suite, très chère petite !
WENDY : Dépêchons-nous ! Ils sont déjà loin devant nous !
MICHEL : Peter, qu’est-ce qui habite sur l’île à part les pirates ?
PETER PAN : Les bêtes sauvages, les Peaux Rouges et les Enfants Perdus.
JEAN : Moi, les pirates, c’est c’que je préfère. Y en a beaucoup ?
PETER PAN : Oh, pas mal…
MICHEL : Et qui est leur chef ?
PETER PAN : Le capitaine Jacques Crochet !
JEAN : Crochet…
MICHEL : Oh j’ai peur, il est très méchant !
JEAN : C’est vrai qu’il est très gros !
PETER PAN : Moins qu’il ne l’était !
JEAN : Pourquoi ?
PETER PAN : Parce que j’en ai coupé un morceau !
MICHEL : Quelle horreur !
PETER PAN : Oui, je lui ai coupé la main droite !
MICHEL : Ah ? C’est tout ?…
JEAN : Mais alors, il peut plus se battre ?
PETER PAN : Mais si, car à la place de sa main, il a un crochet de fer !
MICHEL : Ah ? Ben moi j’ai à nouveau la frousse !
PETER PAN : Ah, nous arrivons au dessus de l’île !

On entend des coups de feu.

MICHEL : Qu’est-ce que c’est ?!
PETER PAN : Les pirates ! Ils nous tirent dessus !!
JEAN : Mais ils vont nous tuer !
PETER PAN : Pas de risque ! Ils n’ont pas de balles dans leurs fusils !
MICHEL : Mais c’est idiot !
PETER PAN : Assez pour être dangereux !
JEAN : On a peur ?
PETER PAN : Oh moi, rien me fait peur… Enfin, presque rien… Allez, assez discuté. Allons vite rejoindre les Enfants Perdus.
CLOCHETTE : Coucou !
WENDY : Hello !
MICHEL : Oh, Wendy et la fée qui nous ont doublés !
PETER PAN : Elles vont annoncer notre arrivée.
CROCHET : Tirez, bande d’abrutis, tirez ! Cassoulet ! Jelvedou ! Mais tirez-leur dessus !
CASSOULET : Pas la peine, capitaine Crochet ! Ils ne sont plus en vue !
CROCHET : Mais cela ne fait rien ! Tirez tout de même !
JELVEDOU : Mais on a pas de balles dans nos fusils !
CROCHET : Des balles ! Vous croyez que j’ai les moyens d’en acheter ?! Mais je n’ai rien ! Rien de rien !
CASSOULET : Oui ! Même pas cent balles !
CROCHET : Pirates, pirates, puisque vous vous gaussez de moi, je ne vous ferai pas de sourire pendant quinze jours !
CASSOULET : D’accord !
CROCHET : Et vous serez privés de dessert pendant un mois !
CASSOULET : Hé dites, votre sourire, vous pouvez vous le garder !
JELVEDOU : Mais le dessert…
CASSOULET : On se le mangera !
CROCHET : Ils se mutinent… Oh les vilains pirates que voilà. Ils me font une peine…
Crochet commence à pleurnicher d’une manière rigolote.
CROCHET : Monsieur Joyeux, mon fidèle deuxième second, regardez, je pleure ! Moi Jacques Firmin Abellard Gaston Marie Crochet, moi, la terreur des mers ! Je pleure.

Joyeux se met à rire.

JOYEUX : Oh oui, capitaine ! Sanglotez tout votre soûl ! Rien ne me fait rire autant ! 😆
CROCHET : Ah, Joyeux, mon ami, vous riez de ma douleur ! Oh que c’est cruel ! 😭
JOYEUX : Oh non, c’est maladif, capitaine, voyez-vous. Je ris de ce qui est triste et je pleure de ce qui est drôle.
CROCHET : Ah oui, vraiment ? Alors si je vous dis que je vais vous crever les yeux ?

Joyeux est hilare.

JOYEUX : Oh les yeux crevés ! J’en pleure !
CROCHET : Et si je vous dis “la vie est belle, le printemps chante, toujours sourire” ?
Joyeux se met à pleurer.
CROCHET : Oui ben, ce garçon-là n’est pas normal. Il n’est pas normal du tout. Ecoutez, mon ami Joyeux, vous savez, je pense que j’ai l’âme très noire.
JOYEUX : Vous voulez que je vous la nettoie ?
CROCHET : Non, mon grand, non non. Aucun détersif ne pourrait venir à bout de mon horrible nature de scélérat. Je suis un monstre et il faut qu’à l’instant je fasse ma M.A.
JOYEUX : Votre Emma ? Ah, c’est une dame !
CROCHET : Oh mon Dieu, qu’il est bête qu’il est bête qu’il est bête ! Mais non, mais non. M.A. signifie “Mauvaise Action”.
JOYEUX : Ah oui ! Bonne idée !
CROCHET : Mais que faire, mh ?… M’emparer de Peter Pan et le torturer longuement… Ayayaye c’est un rêve…
JOYEUX : Ah oui, ça c’est un rêve car il est bien plus fort que vous.
CROCHET : Permets-moi de te dire qu’il n’a aucun mérite : je suis minable.
JOYEUX : Ça c’est vrai.
CROCHET : Lamentable.
JOYEUX : Ça c’est encore vrai.
CROCHET : Et je n’hésite pas à affirmer que je suis un raté.
JOYEUX : Bravo ! Mais ça vient peut-être d’un manque de chance ?
CROCHET : Non, non, disons plutôt un manque d’intelligence. Je suis terriblement stupide. Vous êtes au courant… Si bien que Peter gagne à tous les coups contre moi… Je le hais, je le hais je le hais !! Il fait que m'embêter !! (il bafouille dans sa rage) Quand je pense qu’à cause de lui ce vilain crochet m’a remplacé la petite main rose potelée et mutine qu’il m’a coupé… Tu te rappelles ?
JOYEUX : Oh oui ! Quel joli moment ce fut !
CROCHET : N’est-ce pas ?! Et il l’a donnée à manger au crocodile !
JOYEUX : Oh c’est irrésistible !
CROCHET : Et ce maudit crocodile a tellement pris goût à ma chair délicate que depuis il me poursuit sans relâche pour me dévorer tout entier !
JOYEUX : Arrêtez, de grâce, je ???
CROCHET : Par bonheur, ce crocodile a un réveil matin dans l’estomac !
Crochet part dans son rire sardonique.
JOYEUX : Allez, encore la crise…
CROCHET : Ainsi, quand il arrive, entends-je le tic-tac et fuis-je sa dent cruelle.

Joyeux se met à sangloter.

CROCHET : Vous pleurez, Joyeux ? Pourtant c’est triste.
JOYEUX : Oh non, capitaine ! Je trouve l’idée de vous voir mangé par ce croco infiniment drôle !
CROCHET : Le gueux me hait, ce me semble… Baste, passons… Revenons-en à ma M.A.… M.A. Il comprend rien du tout… M.A.: Mauvaise Action. Voilà… Il faut que je fasse une chose horrible le plus tôt possible. Mh ? Aidez-moi à trouver, Joyeux !
JOYEUX : Vous pourriez couper la main qui vous reste, capitaine. Ça fait mal, ça !
CROCHET : Ah oui, oui, bien sûr oui. Oui mais à moi, imbécile !… Oh ! J’ai trouvé ! Nous allons kidnapper la princesse Peau Rouge Lili la Tigresse. Tu sais, la fille de Dédé Poil de Perruche et de Ginette Pied Bot !
JOYEUX : Ah oui ça c’est pas une mauvaise idée !

Crochet part derechef dans son rire sardonique.

JOYEUX : Encore la crise…
CROCHET : Mais c’est une mauvaise action ! Et pour faire d’une pierre deux coups, j’irai raconter aux Peaux Rouges que Peter a tué Lili la Tigresse. Ainsi, ils lui déclareront la guerre et l’abattront ! Allez, Joyeux mon ami ! Allez vite dire aux camarades pirates qu’ils s’emparent de la sauvage à l’instant et à pas de loup !
JOYEUX : Capitaine, j’espère que vous allez la tuer, la Peau Rouge !
CROCHET : Cela va sans dire, bêta !

Joyeux fait un rire différent et bizarre.

CROCHET : Ah, alors, qu’est-ce que c’est que ce rire ?
JOYEUX : Le 8bis. Celui des crimes. Voyez-vous: nasal, sonore, abominable.
CROCHET : Alors, recommencez, que je l'entende ?

Joyeux refait son rire 8bis.

JOYEUX : C’est bien, hein ?
CROCHET : Ah c’est très bien, oui, très très bien…

(Intermède)

WENDY : Clochette, allons-nous bientôt arriver ?
CLOCHETTE : Oui, chère Wendy ! Nous y sommes !
WENDY : J’aperçois des enfants ! Qui sont-ils !
CLOCHETTE : Les compagnons de Peter, les Enfants Perdus ! Hé, Fierabras, tête de linotte !
LES ENFANTS PERDUS : Clochette ! Clochette !
CLOCHETTE : Peter vous ordonne de tuer l’oiseau qui vole à côté de moi !
FIERABRAS : Qu’est-ce que c’est comme oiseau ?
CLOCHETTE : Un Wendy ! Une sale race !
WENDY : Non ! Non ! Au secours !
CLOCHETTE : Haha tu peux piailler, créature ! Ton Peter ne t’entend pas ! Allez, tirez-lui dessus avec vos flèches ! Ordre de Peter !
WENDY : Au secours ! A moi ! Ahhhhhh !
CLOCHETTE : Elle est tombée ! Bon débarras ! Allez, maintenant, cachons-nous ! Peter ne va pas tarder d’arriver !
FIERABRAS : Hé les gars ! On s’est trompés ! C’est pas un oiseau, c’est une fille !
UN ENFANT PERDU : Elle est pas mal ! Dommage qu’elle soit morte !
FIERABRAS : Oh lala ! Peter va nous passer un de ces savons…
UN ENFANT PERDU : Le v’là !
PETER PAN : Salut les gosses ! Mais… Qu'est-ce qui est là, par terre ?… Wendy, c’est Wendy !
UN ENFANT PERDU : Elle est un peu morte… Fierabras a tiré sur elle !
FIERABRAS : Ouais, Clochette m’a dit que c’était tes ordres !
PETER PAN : La scélérate ! Je m’occuperai d’elle plus tard… Voyons, Wendy ! Ah, elle n’est qu’évanouie… Wendy, reviens à toi.
WENDY : Peter… Oh j’ai eu si peur… Peter…
PETER PAN : Calme-toi. C’est fini maintenant, je suis là. Pour l’instant il faut retrouver Clochette. Elle se cache, la traîtresse… Ah, je sais comment la faire sortir. Qui est la plus belle des filles ?
CLOCHETTE : C’est moi ! Flûte, je me suis trahie…
PETER PAN : Clochette ! A partir de cette minute tu n’est plus mon amie ! Va-t’en ! Va-t'en loin de moi ! Très très loin ! Je te déteste !
WENDY : Peter, pardonne-lui !
CLOCHETTE, d'un air moqueur : Peter, pardonne-lui !
PETER PAN : Tu entends, Wendy ? En plus elle se moque de toi ! Va-t’en !
CLOCHETTE : Je sais pourquoi tu me chasses ! C’est pour rester tout seul avec ta Wendy ! Dégoûtant !
PETER PAN : Va-t’en, Clochette, ou je te tue !!
WENDY : Peter, calme-toi !! Pardonne-lui !
CLOCHETTE : Oh, vous, mademoiselle, taisez-vous ! Je suis assez grande pour me défendre moi-même…
UN ENFANT PERDU : Assez grande !!
CLOCHETTE : Du haut de mes huit centimètres, je vous jette mon adieu le plus désagréable ! Peter… Mon Peter…
WENDY : Oh, elle pleure…
PETER PAN : Elle ne l’a pas volée ! Viens… Maintenant les gars, nous allons faire visiter notre maison à maman Wendy.

(Intermède)

JOYEUX : Capitaine Crochet ! Les pirates ont ramené la princesse !
CROCHET : Ah chic chic chic chic chic ! Comment est-elle, cette Peau Rouge ?
JOYEUX : Blanche. De peur.
CROCHET : Faites entrer !… Lili la Tigresse, je vous présente mes plus détestables salutations.
LILI : Toi, Crochet, être vilain bonhomme !
CROCHET : Zut, elle parle Peau Rouge. Traduisez, Joyeux !
JOYEUX : Elle dit que vous êtes une ordure.
CROCHET : Mais elle a parfaitement raison ! Darling Lili, savez-vous pourquoi je vous ai fait enlever ?
LILI : Moi supposé rapt mésigue ? Être action mauvaise !!
CROCHET : Moi supposé- oui ben, traduisez, Joyeux !
JOYEUX : Elle dit que si elle est ici, c’est sûrement pas pour prendre le thé.
CROCHET : Mh yes yes yes ! Je vais vous faire tuer !
LILI : Moi, de la mort, avoir non la frousse !
CROCHET : Moi de- ben, traduisez, Joyeux !
JOYEUX : Elle dit qu’elle s’en fiche complètement de trépasser.
CROCHET : À la bonne heure ! Prenez le canot et allez m’attacher cette sous-développée sur le rocher qui se trouve au milieu de l’eau. Ainsi, à marée montante, elle sera engloutie par l’onde en furie.

Crochet part dans son rire sardonique.

JOYEUX : Encore une crise…
CROCHET : Emmenez-là !

Crochet continue son rire qui est accompagné peu après de celui de Joyeux.

JOYEUX : Comme c’est amusant de faire mourir les gens, hein, capitaine ?
CROCHET : Dis-moi, limace fétide, cela te ferait plaisir de la voir faire glou-glou ?
JOYEUX : Oh oui, capitaine !

Ils repartent sur leurs rires.

CROCHET : Alors accompagne là. Moi je vais, premièrement, prévenir les Peaux Rouges, deuxièmement, méditer quelques forfaits monstrueux et inédits,...
JOYEUX : Amusez-vous bien, capitaine !

Ils repartent sur leurs rires.

CROCHET : C’que j’suis heureux, c’que je suis heureux !

(Intermède)

PETER PAN : Eh bien, Wendy, que dis-tu de mon pays ?
WENDY : Qu’il est encore plus merveilleux que je ne l’imaginais en rêve… Oh, regarde ! Un canot qui s’avance !
PETER PAN : Ce sont les pirates ! Vite, cachons-nous !… Oh, les traîtres ! Ils ont enlevé Lili la Tigresse !
WENDY : Qui est-ce ?
PETER PAN : Une princesse Peau Rouge.
WENDY : Oh, les méchants ! Et que vont-ils lui faire…
PETER PAN : La noyer ! Ça y est ! Ils l’attachent sur le rocher !… Oh, j’ai une idée ! Je vais imiter la voix de Crochet !
Peter crie en direction des pirates avec une grosse voix qui imite (pitoyablement) celle de Crochet.
PETER PAN : Holà ! Mes fidèles pirates !
CASSOULET : Le capitaine ! Écoutons !
PETER PAN : J’ai réfléchi ! Détachez la princess et rammenez-là à terre !
JELVEDOU : Ma parole, Crochet perd la tête ! Enfin, obéissons ! Vous êtes libre, petite cannibale !
LILI : Moi repartir à la nage ?
JELVEDOU : Si vous voulez, princesse. En espérant que vous serez mangée par quelque bête marine sournoise et carnivore.
PETER PAN : Et moi, Crochet, j'ordonne que mes pirates bien aimés aillent boire tout mon rhum !
LES PIRATES : Hourra !!
WENDY : Oh, Peter, comme tu l’imites bien !
PETER PAN : Oui, j’ai des petits talents d’agrément, comme ça… Ah, voici Lili.
LILI : C’est toi Peter avoir permis moi être libérée ?
PETER PAN : Normal, c’est… A jolie Peau Rouge rendre service il faut !
WENDY : Et en plus tu parles Peau Rouge ! Quel homme !
CROCHET : Pirates ! Pirates ! Mes petits pirates à moi, où êtes-vous ?
WENDY : Crochet revient !
PETER PAN : Vite, les filles ! Cachons-nous derrière ce rocher !
CROCHET : Mes piratous ouh ouh ! Répondez à votre Cro-Cro-chet-chet…
JOYEUX : On est là, vieille baleine !
CROCHET : Mais que faites-vous sur le navire ?!
JOYEUX : Une petite surboum, monsieur !
CASSOULET : Hé, c’est vous qui nous l’avez ordonné !
CROCHET : Moi, j’ai ordonné ça ?!
JOYEUX : Ben oui, vilain débris !
CASSOULET : Hé, soyez content, capitaine ! Nous avons bu tout votre rhum !
CROCHET : Les misérables, ils sont ivres ! Attendez un peu ! J’arrive à la nage !
JOYEUX : Mais capitaine, vous allez vous tremper !
CROCHET : Ah ? Ah bon…
JOYEUX : Ben oui, j’ai remarqué que depuis quelques temps, l’eau, ça mouille…
CROCHET : Ah par exemple. Ah, décidément les saisons ne se font plus… Tant pis, je plonge. Plouf… Oh, mais vous aviez raison, Joyeux ! L’océan est plein d’eau ! C’est dégoûtant !… Allons, ivrogne, aidez-moi à monter à bord !
JOYEUX : Oh hisse ! Oh hisse ! Sau-cisse !
CROCHET : Mais qu’est-ce que tu racontes ?
JOYEUX : Ah pardon. Ohhhh…
CROCHET : Hisse, oui… Sais-tu ce que je viens d'apprendre, mon Joyeux ?… Peter a ramené aux Enfants Perdus une ma…?
JOYEUX : …sseuse.
CROCHET : Non. Une ma…?
JOYEUX : …niaque.
CROCHET : Non. Une ma…?
JOYEUX : …man.
CROCHET : Bravo ! Vous avez gagné un filet garni !
JOYEUX : Au fait capitaine, qu’est-ce que c’est une maman ?
CROCHET : Une maman ? C’est une maman.
JOYEUX : Ah oui. Mais alors, capitaine, nous sommes perdus ?
CROCHET : Je le crains. Car une maman protège les enfants. Ils sont toujours en sûreté avec elle. Une maman est plus forte que le plus méchant des pirates.
JOYEUX : Eh bien, capitaine, nous n’avons qu’à leur voler leur maman et en faire notre maman !
CROCHET : Splendide ! Merveilleux ! Génial !!
JOYEUX : Encore la crise…
WENDY : Peter, tu entends ?
PETER PAN : Chut ! Écoutons la suite !
CROCHET : Et par la même occasion, nous enlèverons les enfants et nous les noierons.

Crochet et Joyeux partent en rire sardonique.

CROCHET : Je crois pouvoir prétendre, sans forfanterie aucune qu’il s’agira là d’une série de très mauvaises actions !
Crochet et Joyeux repartent en rire sardonique.
JOYEUX : Dites-moi, à propos absurdes, capitaine, pourquoi avez-vous laissé filer Lili la Tigresse ?
CROCHET : Pourquoi j’ai dit… Quoi ?!
JOYEUX : Ben oui hé, vous avez donné l’ordre de la détacher !
CROCHET : Quoi ?!
JOYEUX : Ben quoi, c’était bien votre voix détestable, stupide individu.
CROCHET : Mille sabords, mille pétards, mille fayots !!
JOYEUX : Oh, je ne l’ai jamais vu comme ça.
CROCHET : Je devine qui a fait le coup ! Je vais m’en assurer ! Passe-moi mon micro !
JOYEUX : Mais lequel, le stéréo ?
CROCHET : Bien sûr, il faut vivre avec son temps… Qui a imité ma voix ?!
PETER PAN : Il appelle. Il va être servi. Moi ! Le capitaine Jacques Crochet !
CROCHET : Ah, vraiment ? Et moi, qui suis-je, alors ?
PETER PAN : Un cornichon !
CROCHET : Un co… Un cornichon ?!! (Il fond en larmes) Il a su trouver le mot qui fait mal ! Ce que je souffre, méchant ! Vilain ! Polichon !
PETER PAN : Crapaud ! Mulet ! Hibou !
CROCHET : Hib-Ohhhh ?!!

Crochet repleurniche d'une manière marrante. Joyeux est hilare.

CROCHET : Entendez-vous, Joyeux, comme l’on me traite ?! Ah triste ! Triste est ma pauvre âme !
JOYEUX, chantant : Ne pleure pas Crochette, lalalala !
CROCHET : Ah je vais me venger d’une vengeance ! Une vindicative vengeresse !
JOYEUX : Bravo ! Oh hisse !
PETER PAN : OHÉ ! Il insiste.
CROCHET : Qui es-tu, homme énigmatique ?
PETER PAN : Crochet !
CROCHET : N’a-t-il pas un autre nom ?
PETER PAN : Peter Pan !
CROCHET : Je m’en doutais ! A l'assaut !!!
WENDY : Peter, sauvons-nous !
LILI : Oui ! Nous trois faire la malle !
PETER PAN : Jamais ! Crochet m’a provoqué, je répondrai. Vous, rentrez à la maison !… À nous deux, Crochet !
CROCHET : J’arrive, Peter !
PETER PAN : Je t’attends, vieux poulpe !
CROCHET : Faisons semblant de me ruer sur lui et tombons…

Crochet fonce sur Peter et mime soudainement une crise cardiaque.

PETER PAN : Qu’est-ce qui t’arrive, rat d’égout ?
CROCHET : C’est mon cœur… C’est la crise !
PETER PAN : Cardiaque ?
CROCHET : Sûrement ! Je ne peux plus bouger ! Oh, quelle souffrance endure-je ! Oh, Peter, Peter… C’en est fini des haines et des combats… Crochet se meurt… Crochet est mort…
PETER PAN : Mort… Adieu, Crochet ! Tu as été mon ennemi et pas toujours très loyal… Mais je te pardonne… Fermons lui les yeux.
Alors que Peter avance une main pour lui fermer les yeux, Crochet la lui mord.
PETER PAN : Aïe ! Le mort me mord !
CROCHET : Je ne suis pas mort ! J’ai fait semblant !
PETER PAN : Tu es infect, Crochet ! Tu es un traître, un lâche !
CROCHET : N’empêche que je t’ai mordu la main ! J’t’ai bien eu !
PETER PAN : Défends-toi, Crochet !
CROCHET : Lalala, j’ai gagné ! Lalala !

Un bruit de réveil matin se fait entendre.

PETER PAN : Écoute ! Écoute, Crochet ! Écoute bien !
CROCHET : Oh mon Dieu, mon Dieu, le tic-tac ! Le tic-tac !
PETER PAN : Oui, Crochet ! Voilà ton ami le crocodile !
CROCHET : Au secours ! Au secours !
PETER PAN : Ne cours pas si vite, Crochet ! Le crocodile a deux mots à te dire !
CROCHET : Au secours ! Au secours !

(Intermède)

CLOCHETTE : Mademoiselle Wendy ! Mademoiselle Wendy !
LILI : La fée Clochette appeler vous, Wendy.
WENDY : Je me méfie, princesse. Elle me déteste… Que désirez-vous, chère fée ?
CLOCHETTE : Crochet a raconté aux Peaux Rouges que c’était Peter et sa bande qui avaient enlevé Lili la Drôlesse !
LILI : Pas Drôlesse ! Tigresse !
CLOCHETTE : Je sais, mais j’adore estropier les noms… Et les Peaux Rouges ont pris les enfants et les ont attachés aux poteaux de torture !
LILI : Malheur ! Nous courir vite ! Tribu à moi va manger vos amis ! Nous aller empêcher cette cuisine !
CLOCHETTE : Hâtez-vous, Wendy ! Si vous arrivez à temps, vous aurez la joie de manger un pied de votre petit frère ! 🦶
LILI : Wendy ! Vous pas écouter cette cloche !
CLOCHETTE : Cette cloche ?! J’écume ! Au revoir, Lili la Vitesse !
LILI : Au revoir, fée Socquette !
CLOCHETTE : Je les hais, je les hais je les hais…

(Intermède)

LILI : Wendy ! Nous être arrivés ! Frères Peaux Rouges ! Arrêtez ! Eux être innocents ! Peter Pan avoir sauvé moi ! Coupable être Crochet !
JEAN : Vous êtes arrivés à temps… Ils avaient déjà préparé la béchamel ! Ils sont fous ces indiens !
PETER PAN : Bonjour tout le monde !
LILI : Ah, voici voilà Peter !
LE CHEF INDIEN : Merci à toi de avoir sauvé Lili. Maintenant, nous tous faire p’tite fiesta. Quoi toi vouloir casser comme croûte, Peter ?
UN INDIEN : Au menu, les rats farcis aux asticots.
LES ENFANTS PERDUS : Miam miam !!
UN INDIEN : Le gratin de mouche tsé-tsé
LES ENFANTS PERDUS : Fais dodo, indien mon p’tit frère, fais dodo…
UN INDIEN : Et en dessert, la glace poireaux pommes de terre.
LES ENFANTS PERDUS : Beurk !!
PETER PAN : Non merci. Pour moi ce sera un steak frites et un verre de limonade.
UN INDIEN : Un steak et une limonade !

Les enfants se bagarrent pour commander la même chose…

(Intermède)

WENDY : Allons, au lit les enfants. Il est l’heure de dormir.

Les enfants rouspètent.

JEAN : On a pas sommeil…
FIERABRAS : Raconte nous une histoire de maman !

Les enfants acclament l’idée.

PETER PAN : Oh, je déteste ce genre d’histoire…
MICHEL : Au fait qu’est-ce que c’est, une maman ?
WENDY : Tu as oublié ?
PETER PAN : Mais, Wendy, tu sais bien que les enfants qui vivent dans ce pays oublient tout… Même leur maman…
WENDY : Moi pas !
FIERABRAS : Alors parle-nous d’elle !

Les enfants acclament aussi cette idée.

WENDY : Maman est la plus délicieuse, la plus douce et la plus belle des femmes. Elle a de merveilleux yeux bleus et des lèvres qui ressemblent à un baiser. Et quand vient le soir,…
PETER PAN : Tais-toi, Wendy !

Les enfants rouspètent.

PETER PAN : Mais vous ne comprenez donc pas qu’elle ne vous raconte que des mensonges !… Moi aussi, j’ai eu une maman autrefois… Une nuit, je me suis envolé. Et quand je suis revenu quelques mois après, la fenêtre était fermée. Et à travers les vitres, j’ai vu un autre petit garçon dans mon lit. Ma maman m’avait oublié…
MICHEL : Wendy, je veux rentrer à la maison. Sinon, maman fermera la fenêtre et me remplacera !
JEAN : Moi aussi je veux rentrer…
WENDY : Eh bien nous partons tout de suite.
FIERABRAS : Et nous, Wendy, tu nous emmènes ? Peter, hé, on peut partir ?
PETER PAN : Oui, partez tous ! Fichez-moi le camp ! Je ne veux plus vous voir ! Je ne veux plus voir personne !… Personne… Personne…
WENDY : Viens avec nous, Peter !
PETER PAN : Quoi ? Pour obéir, pour aller à l’école et passer des heures à faire des devoirs stupides ? Très peu pour moi ! Je reste ici, au pays de la liberté ! Allez, partez ! Vous me soulevez le cœur !
WENDY : Bien… Adieu, Peter… Venez, les enfants…

(Intermède)

CROCHET : Joyeux, vous avez entendu ?
JOYEUX : Oui, capitaine. Ces petits imbéciles ne se doutaient pas que nous les écoutions.
CROCHET : Il nous suffit maintenant de les attendre à la sortie de leur maison, de les ficeler comme des saucissons et de les emmener sur le navire.
JOYEUX : Et Peter ?
CROCHET : Je m’en charge seul… Ah, j’entends du bruit. Ce sont eux !… En voilà un !
FIERABRAS : Au sec..uuuuh !
CROCHET : Deux !
MICHEL : Au secours !
CROCHET : Trois ! Quatre ! Cinq ! Six !… Il ne manque plus que la fille !
JOYEUX : Notre future maman, la voilà !
WENDY : Au secours !
CROCHET : Et une qui font sept ! Pirates, emmenez-moi tout ça à bord. Moi j’entre dans la maison pour m’occuper de mon ami Peter. Joyeux, passez-moi ma fiole de poison violent.
JOYEUX : Lequel ? L’arsenic aux fines herbes ou le vitriol à la tomate ?
CROCHET : Les deux, les deux, petit. Quelques gouttes dans le verre qu’utilise Peter et son compte est bon… Entrons… Oh, il dort. Parfait. Voyons son verre… Cinq gouttes trois quarts… La dose mortelle… Bonne nuit éternelle, Peter ! Oh, ça c’est une mauvaise action. Extrêmement mauvaise… Maintenant, allons vite noyer les enfants. Oh quelle bonne journée de cruauté !
PETER PAN : Ma parole, mais j’ai dormi…
CLOCHETTE : Peter !
PETER PAN : Clochette ! Je t’ai interdit de reparaître devant moi !
CLOCHETTE : Écoute-moi, Peter, c’est très grave ! Crochet a enlevé les enfants !
PETER PAN : Et Wendy ?
CLOCHETTE : …Elle aussi.
PETER PAN : Je la délivrerai !… Mon poignard… Oh, ce que j’ai soif… Où est mon verre ? Ah, voilà.
CLOCHETTE : Ne bois pas, Peter !
PETER PAN : Et pourquoi ça ?
CLOCHETTE : Crochet est entré ici et a mis du poison dans ton verre !
PETER PAN : Quelles fadaises !
CLOCHETTE : Crois-moi, Peter, je t’en supplie !
PETER PAN : Oh non, tu me racontes des bêtises pour faire l’intéressante. À ta santé !
CLOCHETTE : Donne-moi ce verre !
PETER PAN : Lâche ça !
CLOCHETTE : A ta santé, Peter…
PETER PAN : Oh, tu as tout bu, voleuse !… Mais, Clochette, qu’est-ce que tu as ? Tu es toute pâle ! Clochette, réponds-moi !
CLOCHETTE : Adieu, Peter… Et pardonne-moi le mal que j’ai fait…
PETER PAN : Clochette ! Mais parle, Clochette ! C’est pas possible ! Sa lumière est de plus en plus faible !… Ne meurs pas, Clochette !… Que faire ?!… Clochette… C’est toi que j’aime… Nous resterons tous les deux, toujours… Tu entends ?… Ma petite fée… Tous les deux… Oh, sa lumière grandit un peu… Tu revis ! Tu revis !
CLOCHETTE : Mais oui, mon Peter… Tu m’as dit que tu m’aimais.
PETER PAN : Et l’amour rend la vie aux fées ?
CLOCHETTE : Pas seulement aux fées !
PETER PAN : Ta lumière brille de nouveau, ma Clochette !
CLOCHETTE : Va vite les délivrer, maintenant !
PETER PAN : Tu vas mieux, c’est sûr ?
CLOCHETTE : Oui, vilain singe ! File !
PETER PAN : Chic, tu es désagréable !
CLOCHETTE : Tu vois bien que je suis guérie ! Vas-tu courir ?
PETER PAN : Oui oui oui oui !… Hé, Clochette ! Dis-moi quelque chose de gentil.
CLOCHETTE : Triple buse, voyou, idiot !
PETER PAN : Parfait ! A tout de suite, péronnelle !
CLOCHETTE : C’est pourtant vrai que je suis une péronnelle… Mais c’est ce qui fait tout mon charme !

(Intermède)

CROCHET : Amis pirates… Ce jour est le plus beau de ma vie. Les enfants sont attachés aux mailles, Peter est mort empoisonné par moi… Et maintenant, récréation ! Aussi, allons-nous jeter les enfants dans la lolo l’un après l’autre sous les yeux de leur chère maman Wendy !
WENDY : Misérable !
UN ENFANT PERDU : Cochon !

Les enfants donnent des noms d’oiseaux au capitaine.

CROCHET : Silence, je déteste le bruit !
PETER PAN : Salut, Crochet !
LES ENFANTS : Peter ! C’est Peter !
CROCHET : Un fantôme ! Mais c’est un fantôme !
PETER PAN : En garde, Crochet ! En garde !
CROCHET : Peter, promets-moi que si tu me tues tu ne me feras pas mourir !
PETER PAN : Sois sage et nous verrons !
CROCHET : Ah, Peter, tu vas le payer de ta vie !! Qu’est-ce que c’est ?!
PETER PAN : Le crocodile ! Cet ami qui t’aime tant !
CROCHET : Non ! Non, pitié !!
PETER PAN : Allons, Crochet, ne le fais pas attendre. Recule-toi un peu, là. Voilà, voilà !… Qui va basculer dans la mer ? C’est Crochet ! Qui va être mangé, c’est…?

Crochet tombe à l’eau et se fait manger comme un steak.

UN ENFANT PERDU : Bon appétit, croco !
JEAN : Hé le croco, c'est bon, le Crochet ?

On entend le crocodile digérer le capitaine.

WENDY : Peter, tu es un héros ! Laisse-moi t’embrasser !
PETER PAN : Si Clochette le permet !
CLOCHETTE : Pour une fois, je ferme les yeux…
WENDY : À présent, les enfants, nous partons chez nos parents. Clochette, pourriez-vous nous céder un peu de poussière ?
CLOCHETTE : Non !
WENDY : Mais c’est pour rentrer chez nous !
CLOCHETTE : Définitivement ?
WENDY : Oui !
CLOCHETTE : Ah, ça change tout ! Du moment que cela me débarrasse de vous… Qui n’a pas sa poussière ? Allons, approchez ! On solde, on brade, tout doit disparaître ! Servez-vous !
PETER PAN : Tout le monde est prêt ? Je vous accompagne. Tu viens, Clochette ?
CLOCHETTE : Je pense bien ! Si jamais tu décidais de rester là bas ! Hein ? Voyou ! Gangster ! Bourrique !
PETER PAN : Oh, ça suffit, millimètre ! Harpie ! Mégère !

(Intermède)

PETER PAN : Ça y est, on est arrivés !
WENDY : Quel bonheur !
PETER PAN : Ne te réjouis pas trop vite, Wendy. Les fenêtres sont peut-être fermées.
WENDY : Notre maman nous attend, j’en suis sûre !... Tiens, Peter, regarde. La fenêtre est ouverte.
PETER PAN : Hélas…
JEAN : Entrons vite dans la chambre…
MICHEL : Oh, Nana est au pied de mon lit !
WENDY : Réveille-toi, bonne chienne !
NANA : Oh, joie sans mélange ! Mes petits sont de retour ! Je vais aboyer d’allégresse !
WENDY : Non, ne fais pas de bruit !
NANA : Mais qui sont ces jeunes gens qui vous accompagnent ?
WENDY : Peter Pan,…
NANA : Ah, je connais…
WENDY : La fée Clochette,…
NANA : Je ne connais pas mais cette dame est très belle !…
CLOCHETTE : J’adore cette chienne !
WENDY : Et les Enfants Perdus. Ils vont vivre avec nous !
NANA : Oh… C’est du travail supplémentaire pour moi…
PETER PAN : Clochette et moi repartons de suite.
WENDY : Au revoir, mon Peter !
PETER PAN : Au revoir, ma Wendy. Dans quelques années, je reviendrai chercher tes enfants pour les emmener aussi au pays merveilleux.
WENDY : Promis. Au revoir, Clochette. Sans rancune…
CLOCHETTE : Tout bien réfléchi, je vous aime beaucoup.
WENDY : Moi aussi, jolie fée… On s’embrasse ?
CLOCHETTE : On s’embrasse !
UN ENFANT PERDU : Eh, les garçons ! Un ban pour Peter et Clochette !
LES ENFANTS PERDUS : Un deux trois quatre cinq ! Un deux trois quatre cinq ! Un deux trois quatre cinq ! Un ! deux ! trois !
Mme DARLING : Mais il y a du bruit dans la chambre des enfants ! Je vais voir…
WENDY : Maman arrive !
PETER PAN : Vite, Clochette ! Sauvons-nous !
Mme DARLING : Mes enfants ! Mes chéris ! Oh quel bonheur !
LES ENFANTS : Maman ! Maman !
Mme DARLING : Mais qui sont ces petits garçons ?
WENDY : Tu avais perdu 3 enfants, tu en retrouves 7. Qu’en dis-tu ?
Mme DARLING : Qu’ils sont les bienvenus, chérie !
FIERABRAS : Vous voulez bien être notre maman ?
Mme DARLING : Mais oui !
FIERABRAS : Alors racontez-nous de belles histoires !
Mme DARLING : Eh bien il était une fois, une jeune princesse qui habitait un beau château…
CLOCHETTE : Peter, pourquoi restes-tu caché derrière la fenêtre ?
PETER PAN : Pour savoir ce que c’est qu’une vraie maman.
CLOCHETTE : Tu regrettes de n'être pas resté avec eux ?
PETER PAN : Un petit peu…
CLOCHETTE : Vas-y… Il n’est pas trop tard…
PETER PAN : Non… En vivant dans cette maison, j’aurais la plus gentille des mamans, mais… Il me manquerait une petite chose à laquelle je tiens énormément…
CLOCHETTE : Et c’est…?
PETER PAN : C’est peut-être une certaine Clochette !
CLOCHETTE : Oh, mon Peter… Je t’adore !… Et pourtant tu n’es qu’un voyou ! Un goujat ! Un bon à rien !
PETER PAN : Viens vite, insupportable, détestable, désagréable !
CLOCHETTE : J’arrive, bandit, démon, scélérat !

Transcription de Maxlefou publiée via le Groupe Facebook le 10/02/2022, reprise et modifié à la marge par Sissone.